JE M'ADRESSE À VOUS

Mes premiers pas...au Conseil Régional Languedoc Roussillon Midi Pyrénées où j'ai été élue le 13 décembre dernier. J'adhère aujourd'hui au groupe Nouveau Monde En Commun (NMEC) émanation de la liste du même nom, ...

... menée par Gérard Onesta. Notre groupe comprend 27 membres. À l'intérieur de ce groupe deux délégations existent, une autour du Front de Gauche et une autre autour d'Europe-Écologie-Les Verts.

Nous avons tous et toutes d'un commun accord décidé de préserver le rassemblement qui avait mené la campagne de premier tour. C'est une bonne chose. Cela peut permettre de peser, de se faire entendre, de relayer les luttes et résistances dont nous pourrons nous faire l'écho à l'intérieur de l'institution. À condition bien sûr de garder sa liberté de s'exprimer, de voter, en un mot son indépendance politique vis-à-vis du PS et de son allié le PRG. C'est ce que j'ai déclaré le 21 décembre dernier (voir ICI).

Mes premières assemblées plénières

Un des rôles des élu-es est de participer aux assemblées plénières qui se sont déjà réunies deux fois, le 4 janvier et le 18 janvier. Ces assemblées ont surtout pour fonction, au début de la mandature, d'élire le ou la présidente de région, les vice-président-es, les différents organismes et commissions...

Mais cette nouvelle assemblée régionale présente un caractère particulier puisqu'elle comprend 40 élu-es du Front National. Je ne m'étendrai pas longtemps sur ce parti car je ne compte pas lui prêter trop de place dans cet article. Ce parti qui se vante d'être différent des autres, n'agit pas moins qu'un parti politicard, menant une « guérilla parlementaire » grotesque dont le but est de faire de l'obstruction systématique, retardant volontairement les travaux de mise en place de l'assemblée régionale, se victimisant systématiquement en criant à la « démocratie bafouée » mais monopolisant la parole sans cesse tout en la coupant aux autres ! Quant au fond politique de ce parti, à travers quelques interventions, il est assez limpide : il y a trop de dépenses (pour nos concitoyen-nes de notre grande région), trop d'assistanat ! Pas vraiment la défense des « petites gens » ! Le pire est devant nous.

La droite n'est pas en reste. Un exemple : sur le débat concernant le règlement intérieur elle a trouvé le moyen de proposer la suppression d'un alinéa garantissant la prise en charge par des indemnités, de la garde d'enfants pour des élu-es parent-es de jeunes enfants !

Nous ne sommes pas, à l'heure actuelle rentré-es dans le vif du sujet, dans les orientations de fond de la région. Mais d'après les premiers votes lundi 18 janvier des Autorisations de Programme et des Autorisations d'Engagement (avant le vote du budget de mai 2016, reconduction de ces autorisations du dernier exercice budgétaire) on voit bien qu'il y a entre nous des divergences d'orientation : sur le financement des lycées privés au-delà des obligations légales, sur le financement de la LGV, etc.

Seul notre groupe a dénoncé l'austérité et la diminution des dotations de l’État demandant à l'exécutif de la région d'interpeller l'exécutif national sur ce sujet. D'ailleurs ce vote qui revêtait une certaine importance, n'a obtenu qu'une courte majorité, 81 voix (la majorité dans l'assemblée est de 80 voix). Je me suis abstenue avec une partie des élu-es Nouveau Monde En Commun.

Les discours de politique générale de Carole Delga, tant le 4 janvier que le 18, malgré l'annonce d'une politique tournée vers les besoins de nos concitoyen-nes, la solidarité et la lutte contre les idées d'extrême droite, indiquent que les politiques régionales vont s'inscrire dans celles du gouvernement : mener des politiques soi-disant efficaces dans le cadre d'un budget contraint, être au service des entreprises en mettant tout en ouvre pour aider celles-ci, bien sûr être au service des salarié-es en coordonnant mieux les services publics de l'emploi (mais quid des entreprises qui licencient et ont touché des subventions publiques), se tourner toujours plus vers l'apprentissage (privé bien sûr).

Enfin nous avons décidé la baisse des indemnités des élu-es au nom des efforts à fournir et de l'exemplarité. Soit mais la baisse des indemnités a été imposée (ce que je n'ai pas voté) aux membres du CESER (Conseil Économique, Social et Environnemental Régional). Or ce conseil est composé de représentant-es syndicaux et associatifs/ves dont les indemnités déjà très modestes, vont donc diminuer de 20 %. Globalement c'est de l'argent en moins pour les organisations syndicales. Il est curieux qu'on nom des efforts on en demande à ceux dont les indemnités sont faibles. Nous ne pouvons accepter les 36 poids 36 mesures, et nous serons donc vigilant-es au coût concernant la création des emplois de cabinet et à l'attribution des voitures de fonction.

Premiers pas compliqués dans l'institution

J'avais proposé pour cette assemblée plénière du 18 janvier un vœu proposant au conseil régional de Midi Pyrénées Languedoc Roussillon de se prononcer contre la modification constitutionnelle présentée par le président de la république et le gouvernement, visant à instaurer la déchéance de nationalité pour les bi-nationaux. Au motif que cela ne rentrait pas dans le cadre des compétences de la région (sic!) ce vœu a été retoqué, c'est-à-dire qu'il n'a pu être présenté et donc pas débattu. L'argument invoqué pour ce point, pourtant crucial aujourd'hui dans l'actualité politique, n'est pas recevable. Il ne nous a été opposé que pour éviter un débat et surtout un vote sur la question. Nous sommes des élu-es, militant-es politiques, et nous porterons dans l'assemblée les débats qui nous paraissent pertinents, en lien avec l'actualité politique de notre pays.

Mon action depuis mon élection

Le rôle d'élu-e ne se résume pas à siéger au sein du conseil régional. Même si je m'engage à être une élue assidue, à participer aux commissions dont je suis membre (Éducation, Formation professionnelle et apprentissage, politiques de la ville), il n'est pas question de se laisser enfermer dans l'institution.

Dès mon élection j'ai pris l'initiative de prendre contact avec les organisations syndicales enseignantes, celles des agents régionaux, avec la FCPE, autant d'organisations que j'avais en partie rencontré durant la campagne. Tisser des liens avec le mouvement social, pour travailler à l'amélioration constante du service public des lycées, avec tous les acteurs et actrices concernés, est une des tâches que je me suis fixée. J'ai reçu des réponses positives et des rendez-vous sont pris dans les semaines qui suivent.

D'autres associations et syndicats m'ont contactée : entre autres le collectif contre les nuisances sonores et contre la privatisation de l'aéroport de Toulouse Blagnac que nous avons rencontré et dont on va appuyer les revendications, des syndicalistes des lycées agricoles, dont je porte la demande au sein du conseil régional de rattachement des lycées agricoles à la vice-présidence de l’Éducation.

C'est ainsi que je conçois mon rôle d'élue : porter au sein de l'assemblée, les luttes, résistances et revendications du mouvement social.

C'est pour cela que je serai aux côtés de ceux et celles qui luttent : le 26 janvier, je serai en grève, le même jour à 17h je serai devant l'hôtel Dieu à Toulouse contre la casse de l'IVG, le 27 janvier à Nîmes pour soutenir une collègue enseignante trainée devant la justice par le maire de Beaucaire et par ailleurs également conseiller régional FN, parce qu'elle a qualifié de racistes et xénophobes les idées de ce parti !

Je serai une élue militante, engagée et indépendante.

Myriam Martin