REMISE GRACIEUSE DE PEINE POUR JACQUELINE SAUVAGE !

François Hollande a accordé à Jacqueline Sauvage, condamnée à dix ans de prison pour le meurtre de son mari violent, une "remise gracieuse de sa peine d'emprisonnement" qui lui "permet de présenter immédiatement une demande de libération conditionnelle", annonce l’Élysée ce soir. Dès jeudi dernier j'écrivais dans ce sens : "Demain vendredi 29 janvier la famille de Jacqueline Sauvage va être reçue par le président de la République. Cette femme a subi un véritable calvaire, calvaire que subissent encore trop de femmes dans notre pays, victimes de violences conjugales, dans, souvent, l'indifférence la plus totale.

Les violences faites aux femmes sont un vrai problème de société qui montre que le combat pour l'égalité Femmes-Hommes est plus que jamais d'actualité.

Jacqueline doit être libérée parce qu'elle n'a pas besoin d'effectuer une peine de prison de 10 ans, elle a déjà purgé 47 années de prison en enfer avec son mari comme bourreau !

Ce qui est choquant dans cette affaire c'est non seulement la peine de prison attribuée à Jacqueline sauvage qui de victime est devenue criminelle, mais c'est aussi l'attitude du chef de l’État. Ce dernier s'est exprimé en défaveur de l'utilisation de la grâce présidentielle au nom de sa volonté de tenir ses promesses ! Celle de ne pas appliquer un droit qu'il est gêné d'utiliser, et qu'il considère comme un privilège « monarchique ». C'est tout à son honneur mais là deux objections s'imposent :

- Tout d'abord cette femme est une victime, il ne s'agit pas de laisser croire qu'il faut se faire justice soi-même. Mais bien de considérer qu'elle a agi dans un contexte très particulier avec 47 années de souffrances et de traumatismes accumulés.

- Ensuite comment un président qui s'est renié mois après mois à peu près sur tout, qui n'a tenu aucune de ses promesses quand elles avaient un caractère social et progressiste (s'attaquer à la finance, créer des postes de professeurs, renégocier le pacte de stabilité etc.), peut expliquer sans rire qu'il ne souhaite pas utiliser son droit de grâce au nom des promesses faites, alors qu'il s'agit de rendre justice à une femme victime de brutalités et de sévices innommables !

Pour nous assurément Jacqueline doit retrouver la liberté !"

28 janvier 2016

Myriam Martin

Conseillère régionale Midi pyrénées Languedoc Roussillon (Nouveau Monde En Commun)

Porte parole de Ensemble! Front de Gauche