MARDI 26 JANVIER 2016 : JOURNÉE DE LUTTES

J'étais avec les 6000 manifestant(e)s de la manifestation toulousaine puis à l'hôtel Dieu à Toulouse pour dénoncer la restructuration de la gynécologie de l'hôpital Paule de Viguier à Purpan qui met à mal l'accès aux IVG

Manif à Toulouse : près de 6000 manifestant-es

Cela faisait un bon bout de temps qu'on n'avait pas vu autant de monde défiler dans les rues toulousaines autour de questions sociales rassemblant des salarié(e)s du public et du privé, même si ces derniers étaient peu nombreux. La CGT, Solidaires, la FSU et FO avaient répondu présent-es.

Gros cortège de l'Éducation Nationale avec en tête le premier degré et les collèges. Mais au delà de la dénonciation de la réforme des collèges, les manifestant-es expriment un "ras le bol" général devant le manque voire l'absence de considération pour les fonctionnaires, pourtant de plus en plus contraints à  exercer leurs missions de service public dans des conditions de plus en plus dégradées tant pour les salarié-es que les usagers.

Ce compte rendu de manifestation est accompagnée d'une photo sur laquelle je tiens une fausse écharpe d'élu-e bleu-blanc-rouge sur laquelle est écrit « Non au transfert » : il s'agit pour des fonctionnaires territoriaux du conseil départemental d'exprimer leurs craintes quant à leur transfert à la Métropole sans aucune garantie en ce qui concerne leurs droits et leurs missions. Inquiétude bien légitime quand on sait que c'est le maire de Toulouse M. Moudenc du parti« Les Républicains, qui est président de l'Agglo.

La manif s’achève place St Étienne avec l'internationale chantée à l'unisson.

17h30, la journée de lutte se poursuit ! Halte à "l'Hôstérité" !

Avec les syndicalistes de Sud Santé et de la CGT, avec les associations de défense des droits des femmes, avec le collectif de défense de l'hôpital public, rassemblement devant l'Hôtel Dieu à Toulouse pour dénoncer la restructuration du service gynécologique de l'hôpital Paule de Viguier à Purpan qui met à mal l'accès aux IVG sur le département. Il s'agit du seul service d'accueil d'IVG dans la région.

Ce soir-là à 17h30, le directeur général du CHU de Toulouse devait présenter ses vœux ! Annulés parce qu'il y avait le rassemblement. Aussi nous nous sommes invité-es dans les locaux de l'hôpital pour présenter les nôtres : arrêter la restructuration de service gynécologique, écouter les revendications d'un personnel en souffrance, préserver tout simplement le droit à l'IVG.

Monsieur le Directeur a été long à comprendre qu'il n'était pas en position de refuser la rencontre d'une délégation des syndicats, associations et collectifs. Nous avons fait du bruit pour qu'il entende raison. La lutte ne fait que commencer et les soutiens doivent s'élargir. Il en va de l'avenir de l'IVG et plus généralement de la qualité des soins au sein du service public de santé.

Je souhaiterais citer quelques phrases prises dans le témoignage écrit, poignant et terrible d'une infirmière du service menacé, chargée à elle seule de 14 patientes. je cite : « conclusion : mise en danger de la vie des patientes, mauvaise prise en charge de la douleur, dégradation de l'image des patientes, mauvaise prise en charge psychologique, une équipe épuisée physiquement (même pas 5 minutes de pause entre 13h30 et 23h) et moralement (sentiment de travail mal fait et de mettre en danger la vie des patientes). Nous pouvons nous demander si la charge en soins était en adéquation avec le nombre de soignants ce jour-là ».

La réponse en fait est assez simple, certainement pas et le témoignage au fond se passe de commentaires.

Avec la grève des infirmières des urgences à Rangueil, avec la démission du directeur et de ses collaborateurs du Samu du CHU de Toulouse, l'alerte a sonné. Les politiques d'austérité menées au sein de l'hôpital  public sont intolérables. La volonté d'appliquer au service public de santé une logique de rentabilité avec l'exigence de rendement et des économies drastiques, est criminelle et absurde. Non pour nous définitivement la santé n'est pas une marchandise !

Myriam Martin 27 janvier 2016